Septembre 2022  :
qu’est-ce qu’un monde humain ?

Pendant que la canicule asséchait ou brûlait plusieurs régions de la planète, les guerres – médiatisées ou négligées – poursuivaient les violences faites à l’humanité. La trêve de l’été fut réservée à ceux qui, par hasard ou destin, étaient à l’abri. Pour combien de temps ? Rien n’est définitif, la roue tourne. Comme la Terre, notre pays. Mais qu’est-elle dans le vaste univers dont les espaces infinis et silencieux effrayaient Pascal ? À cette question est associée une autre : qu’est-ce que le monde ? qu’est-ce qu’un monde humain ? que signifie ce mot par lequel nous désignons aussi bien l’univers, notre planète et l’humanité qui y est de passage ?

L’origine latine du terme est étonnante. Mundus signifiait le coffre dans lequel la mariée déposait son précieux trousseau. Ce mot aurait été inspiré aux Romains par la déesse étrusque Munthu dont le rôle était de parer, d’orner, de rendre beau. Mundus est la version romaine de Cosmos – bel ordre, appellation grecque de l’univers à la fois un et divers. Pour nos ancêtres, le monde était leur habitat ingénieusement et esthétiquement agencé, leur dot, un cadeau des dieux. Cette représentation forçait leur respect et nourrissait leur créativité. La fonction de l’art – des techniques et des œuvres belles – était d’imiter la nature : observer ses formes et ses fonctionnements pour les reproduire au profit des humains – pour leur utilité, pour le plaisir de leurs sens. La fonction de la science – de la recherche de la connaissance vraie – était de questionner le monde dont l’homme constitue le plus étrange prodige.

Le constat de l’ambivalence de l’être humain, capable du pire comme du meilleur, porte plusieurs philosophes à souligner que « le monde » n’existe que par la vision que nous en avons et par ce que nous en faisons. Générosité, violence, justice, injustice, négligence sont produits humains quand même nous qualifions d’humaines seulement les actions et les conduites constructives. Universelles, « l’humanité » et « l’inhumanité » ne sont pas innées mais acquises. Un environnement brutal ou indifférent pollue et mine les consciences, un environnement sensible à l’ordre cosmique et cosmopolitique éveille et éduque. Le premier acte écologique ne serait-il pas de vouloir un environnement mondialement moins inhumain – et de se mettre aussitôt à l’ouvrage ?

Paul Fort décrit simplement ce premier acte écologique. Si tous les gens du monde voulaient se donner la main, alors on pourrait faire une ronde autour du monde… Mais voulons-nous vraiment ce monde ? La focalisation sur le déclin physique de la planète par la pollution pourrait trahir le peu de cas que nous faisons de la dégradation, localement et planétairement, du climat politique, éthique et culturel. Un monde humain se réduit-il à une planète propre ?

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