Décembre 2020 :
les mots et les actions

Entre les mots et les actions faut-il choisir ? À la préciosité de ceux qui font subir à corona desease un changement de genre s’oppose la parole de ceux qui affirment la primauté absolue des actions sur les mots. Plutôt que de débattre sur la différence entre « sauvagerie », « barbarie », ou « violence », attelons-nous donc aux mesures qui combattent les maux dont nous souffrons !

L’opposition entre les mots et les actions est-elle pourtant réelle ? Si la frilosité langagière peut servir de paravent à l’inaction, une appellation erronée induit à se tromper de combat. Les mots justes trouvés au bon moment sont de l’action, note Hannah Arendt. Appeler les choses par leurs noms arrache notre pensée à la confusion et, nous aidant à comprendre la situation, nous porte à agir de la façon la mieux adaptée.

L’esprit scientifique et l’action politique naissent en Grèce en même temps que l’approfondissement et l’invention de certains mots, logos pour la science, démocratie pour l’organisation de la vie publique. Le cloisonnement qui stérilise les sciences arrive par l’oubli du logos en tant que réflexion qui relie les domaines du savoir et les êtres humains. Le déclin qui mine nos démocraties advient par l’absence de réflexion sur le sens et les liens entre « pouvoir » et « peuple ».

Les noms créés par Dieu transforment le magma inhabitable en univers où la vie, puis l’humanité, peuvent naître et se développer. Les mots séparent la nuit du jour et cette distinction éclaire leur relation. Les mots distinguent l’homme des autres vivants et cette distinction met en lumière le pouvoir exclusif de l’animal humain de choisir et d’agir en conséquence. Le désordre revient dès lors que le dire ne va plus avec le faire. Tous nos environnements sont en péril dès lors que les mots cessent d’être des ponts qui mènent aux réalisations.

Les deux sources de notre culture européenne éclairent le lien entre les mots et les actions. Faire sans nommer correctement c’est réagir sans réfléchir. Ergoter sur des riens c’est brasser du vent au lieu de rythmer notre souffle pour agir à propos ? Nommer correctement les choses accélère la compréhension en préparant l’action.

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