Avrils 2020 :
une nouvelle Atlantide ?

Défenseur et pionnier de la science expérimentale, violemment combattue par les adeptes obstinés d’Aristote, Francis Bacon, au premier tiers du 17e siècle, crée un mythe pour illustrer sa vision du progrès. Il imagine une société vouée à la recherche technico-scientifique qui, portée par l’ambition de faire reculer les bornes de l’empire humain, invente et fabrique des machines toujours plus performantes, toujours plus rapides. Aurore du monde nouveau, du nôtre.

Prolonger la vie, retarder le vieillissement, amoindrir la douleur, transformer le tempérament, augmenter et élever le cérébral… Fabriquer de nouvelles espèces, transplanter une espèce dans une autre, accélérer les maturations, accélérer la germination…Créer de nouveaux matériaux, produire des aliments à partir de substances artificielles, améliorer la qualité de l’air… Autant de changements à peine pensables et rendus possibles par alliance entre une science et une technique animées de la soif illimitée de savoir caractéristique de l’esprit humain.

Mais comment éviter que la recherche soit dévoyée par les volontés de puissance individuelles et nationales ? Comment s’assurer que le progrès soit au service, non de quelques intérêts particuliers, mais de l’humanité ? Les réponses de Bacon frappent par leur actualité. Détourner les regards de l’utilité immédiate. Préserver la recherche des transactions commerciales. Instituer l’anonymat des chercheurs. Réunir des penseurs du monde entier. Favoriser les échanges entre différentes disciplines. Se sentir responsables envers les générations futures

En situant la communauté scientifique sur une île, Bacon signifie que l’autonomie de la recherche est la condition de son engagement pour une meilleure humanité. En appelant cette île Nouvelle Atlantide, l’auteur signale le péril qui guette l’approche de l’homme et de la nature quand elle est soumise aux intérêts financiers, aux vanités des ego, au cloisonnement des domaines et des nations : être engloutie, comme l’Atlantide de jadis, sous la vague infectieuse des représentations et des gestions bornées.

Vers quelle Atlantide l’expérience de la pandémie actuelle nous mènera-t-elle ?

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